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Eikomania

Le journal qui provoque le débat sur la société + les créateurs, qui se questionne sur le fait d'être acteur de ses propres stories et propose de ne pas être seulement un simple spectateur. Parce que la réalité dépasse souvent la fiction et que les histoires insolites existent ! Alors innovons et créons ensemble.

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Citygo, le covoiturage urbain pour vous faciliter vos trajets au quotidien.

@helloitsanha x Eikimoze ⚡️

Toujours pressé et déboussolé par rapport au traffic conséquent aux heures de pointe ? Sûrement. On compte entre 180 000 et 250 000 véhicules par jour qui empruntent le périphérique. 

Mais beaucoup d'usagers sont seuls au volant alors qu'ils pourraient prendre sur leur passage ou un point précis, une autre personne qui fait le même chemin.

C'est le constat de Citygo qui a voulu palier à ce problème. Bien mieux que le stop, c'est sûrement la solution pratique pour naviguer à coût réduit dans la ville. 

Si Anne Hildago veut tripler le prix du stationnement du SUV, sûrement pour désengorger la ville de véhicule, Citygo deviendra l'ami des citadins.

Dimitri Aupiais nous livre la genèse du projet et les objectifs de cette jeune application qui défie les moyens de transport traditionnels.

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Ce qui m’intéresse, c’est ton parcours, pourquoi en es-tu rendu à rejoindre les rangs du coivoiturage et a être responsable social media dans ce domaine là qui est assez particulier et niché ?

J'ai fait un BTS négociation relation client à l'époque dans l'optique d'être commercial. Puis à la fin du BTS, je m'étais rendu compte que ce n'était pas ce qui me plaisait réellement. Après, j'ai fait une année sabbatique où j'ai bossé chez Starbucks et après pendant ces années là, je me suis posé des questions sur ce que je voulais faire.

En septembre 2019, j'ai repris mes études en marketing, en licence, j'avais six mois de cours et six mois de stage et donc j'ai fait mes six mois de cours à Nantes. Et après j'ai fait mes six mois de stage chez Citygo et à la suite de mon stage, j'ai été embauché comme community manager.

Ce que je trouvais intéressant avec Citygo, c'est qu'au final, les problèmes de mobilité qu'on rencontre, ce sont les mêmes partout en France, que ce soit à Paris, même si c'est démesuré en terme de taille et de temps de trajet tout ça. Et je me suis rendu compte que j'avais les mêmes problèmes à Nantes car je vivais en périphérie. Donc là, c'est vraiment très compliqué de se déplacer pour aller dans le centre de Nantes. Pour aller en cours, je vais prendre le train ou des fois c'était le bus ou le tramway. 

Et du coup, je me suis rendu compte que les problèmes qu'il y avait à Paris, c'est les mêmes qu’à Nantes et même à Marseille, à Lille. 


"Et donc à la base, 
la raison pour laquelle 
a été créée Citygo, 
c'était pour lutter 
contre l'autosolisme."

Parce que Patrick allait travailler d'une ville en périphérie à une autre en région parisienne. Et le matin, il se rendait compte qu'il y avait quelqu'un mais seul dedans et lui s'était dit que c'était étrange qu'il n'y ait qu'une personne alors qu'une voiture comporte quatre places. Et c'est comme ça qu'est né le concept de Citygo qui est une application de covoiturage pour tous les trajets domicile-travail. 

Parlons prix du carburant et inflation : il y a beaucoup d’utilisateurs sur Citygo ?

C'est une solution qui est complémentaire au transport en commun car ces derniers ne vont pas partout. Par exemple en périphérie parisienne, c'est très compliqué parfois de se déplacer d'une périphérie à une autre ou d'aller de périphérie à Paris parce que les transports en commun sont limités en termes d'horaires. Passé une certaine heure, c'est compliqué d'y avoir accès ou il n'y a pas de transports en commun à certains endroits et c'est là que le co-voiture courte distance peut intervenir. 

Ça offre plus de flexibilité pour les passagers parce qu'ils peuvent un covoit' qui va dans le même sens qu'eux et en termes de tarifs, on se base sur le barème kilométrique qui est fixé par l'État et donc c'est quelque chose qui prend en compte les frais d'entretien de la voiture et de l'essence justement. 

Donc il avait augmenté un peu quand il y avait eu des pénuries d'essence. Et donc en gros, c'est 30 à 40 centimes du kilomètre. Donc ça permet aux passagers d'avoir une solution qui est moins chère que les VTC ou les taxis. Ce sera toujours plus cher que les transports en commun parce que c'est 2,20 € le ticket et du coup, ça permet d'avoir cet entre deux et tu as cette solution plus fluide parce que tu peux rentrer 1 heure plus tôt et donc de ne pas se restreindre aux heures du métro. 

"C'est une flexibilité 
de te dire je peux rentrer 
plus tard en partageant 
le trajet avec quelqu'un"

Anha S.L - "Dimitri et Citygo"

Les concurrents comme Blablacar et Uber qui ont des prix cassés et ont une place conséquente sur le marché, alors quelle est la valeur ajoutée de Citygo ?

Blablacar, c'est plutôt du modèle longue distance pour faire par exemple un Paris-Nantes. Et nous, ça va vraiment être du covoiturage sur de la courte distance. En moyenne, on est sur du 20-30 kilomètres. Blablacar fait aussi du covoiturage courte distance mais eux ça va être principalement sur des trajets domicile-travail.  Et nous, on part du principe que les problèmes de mobilité, ce n'est pas que de 9 heures à 18 heures, on va dire du lundi au vendredi. 

"Les problèmes de mobilité, 
c'est tout le temps,  c'est tous les jours, 
il n'y a pas d'heure"

Nous, ça va être sur des trajets de loisirs, pour aller rejoindre des potes, pour aller à un concert, pour aller voir un match de foot. Pour tous ces types de trajets là mais aussi pour d'autres comme aller chez le médecin par exemple. 

On est conscient que pour la génération Z, c'est un enjeu qui est assez difficile parce qu'il y a les études, ça a un coût, ça demande du temps et c'est vrai qu'il y en a qui sont obligés de se débrouiller par eux mêmes, c'est à dire travailler à côté pour subvenir à leurs besoins, ils n'étudient pas forcément dans la ville où sont leurs parents et pour les jeunes, c'est vraiment une solution pour pouvoir leur faire faire des économies s'ils sont conducteurs pour se déplacer. Et s'ils sont passagers, c'est une solution plus abordable que les autres solutions que l'on connaît, c'est à dire 30 à 40 % moins cher que les VTC. 

Le principe, c'est qu'en co-voiturage, on ne peut pas faire de bénéfices. Donc un conducteur ne fera pas de bénéfices en covoiturant mais ça lui fera faire des économies comme le fait que ça va lui payer son plein d'essence ou les frais de réparations de sa voiture.

Citygo a des aspects sociaux, environnementaux et économiques. Comme le fait de partager ses trajets, ça permet de réduire son emprunte carbone. En terme social, on l'a surtout vu avec le COVID et notamment pour les jeunes où je voyais les gens de mon âge qui étaient isolés. Et moi le premier, quand je suis arrivé à Paris, quand il y avait eu le premier confinement, il y a eu beaucoup de gens qui se sont isolés, qui ont rompu des liens...

"Le co-voiture permet 
de faire des rencontres."

Et l'aspect économique, comme je le disais, avec l'inflation, le prix de l'essence, la Guerre en Ukraine, qui a fait augmenter tous les prix que ce soit le gaz, la nourriture, ça permet de faire des économies là-dedans. 

Comment fonctionne l'application ?

Sur l'application, tu vas avoir deux modes : passager ou conducteur. Et imaginons je suis conducteur et je veux partir d'Issy les Moulineaux pour aller à Saint-Denis. J'ai proposé mon trajet sur l'application et toi, qui es passagère, et qui se trouve aux alentours d'Issy les Moulineaux et que tu veux aller à Saint-Denis ou ses alentours. Tu vas chercher un trajet et l'application va nous mettre en relation afin de discuter ensemble.

On a une application facile d'accès aussi !

On prend aussi beaucoup en compte les retours de nos utilisateurs. Par exemple, hier, on était avec eux pour récupérer leur retour sur certains éléments, qu'on allait ou qu'on va développer. On essaye d'être en relation constante avec eux. 

Et par exemple, on a quelqu'un en marketing qui est la responsable communauté-ambassadeur, qui est en relation avec la "City Family", et c'est un groupe d'utilisateurs-ambassadeurs engagés, qui sont régulièrement en contact avec nous pour récupérer leurs retours d'expérience. Et on organise des événements pour eux aussi, pour vraiment être toujours en lien avec eux et prendre leurs retours afin de trouver les meilleures solutions adaptées.

Parlons co-voiturage, ça s’est démocratiser avec Blablacar mais pourquoi avoir eu ce projet à échelle locale ?

Aujourd'hui, on a 2,5 millions d'utilisateurs et on fait à peu près 200 000 trajets par mois. Nous, on fait 40% de nos trajets le week-end. Mais il y a un problème d'autosolisme. Par exemple, en Ile de France, tu as 15 millions de trajets quotidiens qui se font en voiture. 

"52 % des trajets faits
 en voiture se font seuls"

Du coup, il faudrait plus partager. On pourrait faire en sorte que les gens partagent plus leur véhicule pour répondre à l'enjeu écologique, économique et social. 

Pourquoi privilégierait nous cette appli plutôt que les moyens de transport classiques comme le métro ou encore le vélo même si j’entends bien que les distances sont assez longues et limitées dans le parcours ?
 
Encore une fois, c'est une solution complémentaire aux transports en commun. Il y a 13 millions de personnes qui sont en précarité de mobilité. Dedans, tu as plusieurs types : tu as des gens qui sont obligés de prendre leur voiture parce qu'ils habitent trop loin d'une solution de transport en commun. Donc ils sont obligés de prendre leur voiture. 

Les frais de carburant, ça coûte cher, mais ils ont quand même "l'obligation" d'utiliser leur voiture. Il peut y avoir cette relation toxique pour certaines personnes avec la voiture, vu qu'ils sont obligés de s'en servir et on s'adresse à eux en leur disant : "vous ne pouvez pas vous déplacer autrement qu'en voiture, nous on vous propose une solution de partager votre trajet avec un passager qui n'a pas de voiture ou lui aussi se retrouve dans cette situation de précarité, qui n'a pas accès aux transports en commun, du coup, vous pouvez faire le trajet en co-voiturage." 

Pendant l'été où il y avait eu plein de travaux sur les lignes de métro et RER, on se demandait comment les gens allaient se déplacer ? 

"Et c'est là que le co-voiturage 
courte distance intervient."

Ce qui permet aux personnes de se déplacer quand l'heure des transports en commun ne sont pas en capacité de répondre à aux besoins. 

Anha S.L "Le covoiturage urbain"

Vous avez un regard féminin car j’ai lu que vous avez opté et mis en place la fonctionnalité « Women Only », alors en quoi ça consiste exactement et pourquoi cela est très inclusif et non discriminant « positif » mais qui peut tendre vers la stigmatisation et l’exclusion sociale pour les genres ? Car on connait l’histoire des Uber et des filles qui se font agresser par les conducteurs, Citygo peut avoir la même chose donc comment pallier à ça ?

Ce sont des mesures de sécurité. Women Only, c'est un filtre dans l'application qui permet aux conductrices de recevoir des demandes que de passagères. Ça a été mis en place en 2019. C'est une mesure de sécurité, il y a beaucoup de femmes qui ne se sentent pas en sécurité que ce soit dans les transports en commun ou même dans la rue. Et du coup, nous, c'est aussi une preuve pour dire : on a une solution pour vous et ça permet de vous sentir plus en sécurité, de covoiturer entre femmes.

"97% des trajets se passent
bien sur Citygo"

On a mis aussi de l'anonymat sur les numéros de téléphone c'est à dire que les utilisateurs peuvent s'appeler via l'application, ce qui donne un numéro générique. Du coup, la personne ne peut pas conserver le numéro du passager ou du conducteur. Puis, on a les systèmes de notation, ça permet de choisir et de voir avec qui on peut aller, ça donne une première idée. 

Ensuite, le service client qui est disponible sept jours sur sept et assez réactif. 

Est-ce un moyen d’être plus rassuré ou/et de se protéger ?

La principale raison, c'est l'économie. Puis après vient le côté social et environnemental. 

"Depuis le lancement de 
l'application en 2016, 
on a permis d'économiser 
38 tonnes de CO2."


En moyenne, un conducteur va économiser en moyenne à peu près 200 euros par mois. Et tu peux te déplacer en vélo mais pour de courte distance. En voiture, tu n'as pas 36 000 changements à faire par rapport au métro, au bus... Il y a un aspect confort et sécurité pour les passagers. 

Quelles sont vos inspirations et vos anecdotes lors du montage de cette entreprise vraiment unique ? 

Je pense car il y a beaucoup d'applications qui sont réservées que pour les évènements comme pour se rendre à des matchs de foot ou pour des concerts. 

Et une anecdote qui m'a le plus marqué, c'est un couple qui s'est marié grâce à Citygo. C'est une conductrice qui faisait tout le temps ses trajets avec Women Only sauf ce jour-là, où elle avait oublié d'activer le filtre. Elle a donc fait un covoit avec un homme et il s'est avéré que ça a donné un mariage quelques mois plus tard. C'est ça qui est trop fort, c'est ça que j'adore ! 

En fait, tu ne sais pas sur qui tu peux tomber. Là où c'est fort, moi, ce sont des choses qui me touchent un peu plus, c'est lorsque l'on parlait des jeunes de la Génération Z, qui ont été très isolés avec le COVID, qui se sont renfermés sur eux-mêmes en restant chez eux, qui faisaient leurs cours à distance, qui ne sortaient pas...

 Tout à l'heure, je te parlais de l'écologie qui est un sujet d'actualité. On parlait d'économie avec la guerre en Ukraine, le prix de l'essence et de la nourriture et tout ça. Et le troisième point, c'est qu'aujourd'hui, on parle beaucoup de santé de mentale qui était taboue, il y a vingt ans de ça.

"Et le fait de faire 
des rencontres, 
ça permet d'aller bien 
ou aller mieux"

C'est important pour moi de faire des rencontres, de gens qu'on ne connaît pas ou rien qu'avec une conversation, ça peut changer l'état d'esprit qu'on peut avoir. 

Le covoit n'est pas la solution miracle à tout ça mais ce sont des petites choses qui peuvent contribuer à aller mieux. Mais quand je prends le métro, le covoit reconnecte dans une société un peu trop connectée : on est beaucoup sur les réseaux sociaux, on se parle beaucoup par messages surtout dans le métro, je prends mon téléphone et je calcule personne en mettant mon casque et ma musique. Puis, je scrolle Twitter. 

"Quand tu prends
 un peu de recul, 
tout le monde est 
comme ça !"

Personne ne fait attention à l'autre et si quelqu'un fait un malaise, c'est limite si quelqu'un intervient. Et ce qui est fort avec le covoit, ça t'oblige à reconnecter aux autres, d'avoir un échange avec quelqu'un et d'apprendre à plus à le connaître.

Pensez-vous vous développer ailleurs et élargir vos « territoires » ?


Principalement, on va se concentrer sur Lille et Marseille pour les mois à venir car c'est la deuxième plus grande ville de France. Et on se rend compte qu'il y a des problèmes de mobilités là-bas, par exemple, là-bas, tu n'as que deux lignes de métros et 7 millions de trajets quotidiens en voiture.

C'est une ville qui est très étudiante et du coup, on voulait aussi voir apporter une solution pour que les étudiantes puissent se déplacer sans trop de contraintes. En plus, ce sont des villes chaleureuses et qui ont un esprit de partage, d'où le nombre important d'utilisateurs. 

Ta logline pour s’inscrire à un premier trajet de co-voiture spécial Ile de France

En covoit, ça permet plus de flexibilité, c'est une solution économique et socialement, ça peut être quelque chose de fort. Ça permet aussi de réduire son empreinte écologique. Et comme dit précédemment, le conducteur peut faire des économies, ce qui n'est pas négligeable surtout en ce moment.

J'ajouterai que tous les gens de Citygo font un travail remarquable et les utilisateurs sont super ! 

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