Anha S.L

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Deep End, l'ancêtre des teen-movies qui ne se démode pas.

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Les 70’s représentent l’Age d’or du cinéma américain où le contexte politique et socio- économique connaît un changement dû aux évènements de la Guerre Froide. En cette période de « paix », les années 70 offrent une nouvelle possibilité de renaissance artistique en développant des films aux genres multiples.


Un film coming-of-age tourné dans un Londres délabré et lugubre.

Deep End, qualifié de « teen-movies » qui représente le paysage morose de Londres ainsi que les mœurs d’autrefois, et qui a une mise en scène particulière que le réalisateur Jerzy Skolimowski veut nous faire partager, plus particulièrement à travers des décors colorés, aux murs pastels qui représentent la liberté angoissante du monde des adultes, ainsi, le réalisateur dresse le portrait des personnages haut en couleurs et riches en humour noir... Deep-End peut être qualifié comme une sorte de «bonbon acidulé » qui deux faces :

🌼D’un côté, nous retrouvons à travers une certaine colorimétrie, des couleurs pastel qui hantent les décors du film, tout comme les costumes des personnages, afin de créer des références voire même des allégories de l’époque telles que Brigitte Bardot. Nous notons, une ressemblance assez frappante entre cette « icône mondiale » et l’antagoniste de cette histoire, Susan (Sue).

🌙Le réalisateur ne se contente pas d’afficher des signes distinctifs propres aux années 1970, il joue avec afin d’exposer sa thèse sur l’être et le paraître. À l’image, nous avons une certaine ambiance qui représente l’enfance, l’innocence, et qui est directement assimilée au protagoniste, Mike, 15 ans, qui se trouve devant les portes du monde des adultes et, qui s’apprête à les franchir.

Ce Londres a un impact majeur dans ce film aux diverses caractéristiques. Il apporte même des messages renvoyés directement aux spectateurs afin de montrer la décadence des adolescents inconscients de leurs actes. De nombreuses thématiques sont abordées : cette période « hippie et libertine » expose directement la sexualité débridée des adultes, le monde du travail mais également une réalité difficile et pénible aux couleurs grisâtres de Londres.

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Des "adulescents" qui flirtent avec l'interdit malgré leur apparence de personnages provenant d'une carte postale bien plastifiée. 

Skolimowski peint avec sa caméra afin de brosser les portraits des adolescents aux objectifs contraires mais également le fantasme de Mike à propos de cette vie fondée sur une certaine idylle avide d’amour et de liberté. La nudité et la sexualité sont librement abordées à travers ce film, elles caractérisent le personnage de Mike, qui découvre en lui, des émois sexuels et une envie de franchir ce cap en laissant sa virginité de côté. La séquence de la projection confirme bien l’émergence de nouveaux genres cinématographiques. Les films X ont fait leur première apparition dans les salles obscures, de même que les affiches publicitaires à tendance érotique qui laissent à désirer.

Les stéréotypes sur l’adolescence restent enracinés. Si l’on connaît le cinéma de Jerzy Skolimowski, toutes ces oeuvres notamment « Travail au noir » (1982), relèvent d’un certain réalisme qui permet aux spectateurs de réfléchir sur la condition humaine et sur leurs actes dans la Société, puisque eux-mêmes sont acteurs.

Drôle, paradoxal, coloré et cynique, Deep End est un film qui expose la réalité et les moeurs enracinés sur le grand écran. Outre les fantasmes hauts en couleurs, la dernière scène du film nous explique, à travers cette métaphore visuelle, le grand plongeon du protagoniste vers le monde des adultes. Jerzy Skolimowski a su mettre en œuvre une mise en scène à la fois décalée, légère sur le ton de l’humour noir tout en aliénant l’allégresse d’une certaine poésie incarnant la jeunesse éternelle de diverses personnes, qui nous fait voyager au sein des années 1970.

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