Anha S.L

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Être Hypersensible : Comment vivre avec ce super pouvoir ?

@eikomania.me x Anha S.L


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Je suis hypersensible et alors ? 

Pendant des années, je trouvais que d'avoir cette faculté un peu particulière était plus un handicap qu'autre chose. Selon certaines études, les hypersensibles représenteraient 20% de la population. J'ai l'impression qu'autour de moi, les gens se qualifient d'eux-mêmes "hypersensibles" alors qu'en réalité, les émotions se traduisent par un caprice, un amalgame ou une méconnaissance de cette hypersensibilité et se voilent la face sur ce qu'ils sont réellement... Je pense qu'il faut une justice à tout et faire la part des choses. On n'est pas hypersensible parce qu'on pleure à tout bout de champ ou qu'un sujet nous touche. Ça s'appelle juste être humain. 

Un ami m'a fait remarquée que j'étais hypersensible alors qu'en 24 ans d'existence sur cette planète, je ne m'étais pas posée la question. J'ai encore du mal à définir ce que je suis et c'est difficile et sinueux de faire ce genre d'exercice. Parce que je n'aime pas ranger des personnes dans des cases mais parfois, il faut se rendre à l'évidence afin de "régler" ce problème ou bien tout simplement d'essayer de vivre avec. 

Avoir un trop plein d'empathie et être seul au Monde. 

Difficile d'être qualifié de trop gentil alors que c'est davantage une qualité qu'un défaut. Mais le "trop-gentil" est assez péjoratif, il est synonyme de niais, un peu bête, une personne un peu bonne poire qui se laisse marcher dessus ou qui se fait avoir. Un véritable paillasson en soi... Mais malgré ces qualités, on se sent un peu seul. On est en retrait, en train de regarder le monde en tant que spectateur. On n'aime pas forcément être acteur car on ne se sent pas légitime de participer à cette vie et d'être noyé parmi des gens qui ne nous ressemblent pas. 

Plus on essaye d'avoir de la compassion pour les autres, plus on se fait broyer par le système qui est peuplé de requins. Je suis sensible à la backstory des gens. Celle qui retrace leur parcours, leur vie antérieure et qui explique pourquoi ils sont devenus comme ça, à savoir des montres. On a tous connu les beaux jours d'été lorsque nous étions enfants et enivrés par la douceur de la lavande, nous étions insouciants bien loin de l'horreur et de la grisaille de la ville. 

La technologie nous rend mauvais. Les adultes nous montrent que l'éducation n'existe pas et que parfois, ces derniers sont pires que les gosses. D'ailleurs, l'école est une chance. Ça serait bien d'inculquer aux élèves les choses utiles ou des valeurs comme le respect. On devrait mettre en place un cours spécialisé dans la communication afin de libérer la parole et de favoriser le lien social. Mais au lieu de ça, dès notre plus jeune âge, on ressent une certaine hostilité et un rapport de supériorité malsain et toxique. 

Les adultes ont eux-mêmes le coeur empoisonné alors qu'est-ce que l'on peut transmettre à des enfants ? Pas grand chose hormis le fait que la vie est une jungle et qu'il faut s'en sortir coûte que coûte quitte à oublier sa propre éthique.

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S'intégrer dans un groupe d'amis et être normal. 

Déjà qu'est-ce que la normalité ? 

La plupart du temps, les gens un peu néfastes et toxiques à tendance perverse narcissique ressentent l'hypersensibilité des autres. Ils vous vampirisent et font de vous leur chose. J'avais une "amie" qui était sympa en apparence mais qui finalement, après des années de recul, que je n'ai jamais senti. Pourquoi ? Parce qu'elle peut être sympa avec vous mais peut rapidement changer d'humeur et avoir un côté fourbe. Par exemple, vous traiter de "nullos" gratuitement devant tout le monde ou forcer des gens à dire leurs secrets avec une pointe de mépris est un signe qu'il ne faut pas négliger. Je me suis dit : 

Pourquoi moi ? J'ai fait quelque chose de mal ? 
Je suis vraiment une nulle comme elle le dit ? 

NON. J'ai compris que c'était cette personne qui avait un problème et non l'inverse. J'ai préféré ranger ces souvenirs au fond de mon cerveau et laisser couler. En tant qu'hypersensible, j'ai du mal à dire les choses par peur de blesser les autres ou plus particulièrement mes semblables alors qu'eux ne se gênent pas pour le faire. Comme on dit, c'est chacun pour soi. L'amitié ne compte plus. 

Intégrer un groupe d'amis, c'est compliqué. Même sans être hypersensible, il y a toujours des personnes qui restent en marge. C'est peut-être ça que l'on appelle société : les puissants d'un côté, les moins forts de l'autre. On en revient à un monde manichéen qui est formé dès notre entrée à l'école. Les enfants sont loin d'être tendres entre eux et tout ça n'est peut-être qu'une question d'éducation mais également d'un monde qui est en train de disjoncter ou qui a toujours eu une sorte de dysfonctionnement.

Le mal fait l'actualité. La gentillesse est signe de faiblesse. Les intéressants discrets sont invisibles. Les "incultes" qui jouent ce rôle veulent une place sous les projecteurs et veulent désirent le long des feux de la rampe.

Comme je dis, en général, les médias (télévision, radios, journaux indépendants...) ne veulent montrer que ce qu'ils veulent et accentuer la peur. Si on cherche bien, il y a pas mal de personnes qui se bougent dans la planète, qui innovent et qui veulent réinventer un monde plus respectueux et respectable pour les prochaines décennies. Mais encore une fois, tout ceci n'est source que de business alors qu'au final, si l'on créé ce genre de médias, c'est pour diffuser des solutions pour aider les autres et véhiculer des bonnes ondes. Mais industrie oblige à faire des sous. D'un côté, c'est normal, ce que je déplore c'est d'utiliser la peur ou la méconnaissance de ces faits d'actualité. Si l'on diffusait plus de choses positives, les gens seraient moins plongés dans un individualisme collectif et seraient moins hostiles envers leurs prochains. En gros, j'évite la violence de l'actualité, fuis la débilité humaine et prône une certaine justice. 

Tout le temps être en UP and DOWN.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est fatiguant. Je ne sais pas si c'est le fait d'être artiste qui me procure ces sentiments, mais j'ai l'impression d'être en permanence dans un ascenseur émotionnel qui ne s'arrête jamais à l'étage du milieu et qui va tout le temps soit en haut, soit en bas en une fraction de seconde. 

Quand on est heureux, rien ne nous arrête en terme professionnel ou affectif mais quand on est au plus bas, soit on est deux fois plus productif car on met les bouchées doubles afin d'évacuer tout le stress, la tristesse et la contrariété ou alors on végète pendant quelques temps. Ça arrive mais le plus important est de se relever et d'aller de l'avant. Difficile à faire quand on a été blessé au plus profond de nous-mêmes. 

Assez sensibles aux critiques infondées ou extérieures, souvent, la remise en question peut s'avérer violente et extrême. Avec notre caractère tout est puissance mille : 

♥️ On aime trop. 
⚡️On déteste trop. 
💧On pleure trop. 
🍔 On mange trop. 

TROP.

Nos émotions peuvent être mal interprétées et on peut vite se perdre. Comment doser nos émotions et nos sentiments ? Nos relations amoureuses et amicales traduisent notre état d'esprit. Avec nous, tout est trop compliqué mais au contraire, rien n'est impossible. Il suffit de savoir faire des compromis et trouver des personnes bienveillantes qui ne nous irritent pas (et vice versa) et avec qui on se sent bien. Vu que nos sens sont assez affutés, notre 6ème sens doit nous aiguiller sur la bonne voie et détecter les âmes néfastes. Même si l'empathie et le désir de compassion reprennent le dessus, la raison doit être plus forte que jamais. Il faut savoir se protéger afin de ne pas tomber une énième fois sur les personnes vampirisantes ou vivre encore de mauvaises expériences. On a toujours le choix. Et malgré les sentiments qui nous envahissent, faire la part des choses est plus que vital si l'on veut survivre dans cette société où les gens s'écrasent les uns les autres au lieu de s'élever ensemble. Eux ne sont peut-être pas "assez", quant à nous, nous sommes "trop". Et désormais, nous pouvons crier : 

ASSEZ ! 

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