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Papaoutai : Stromae peint le portrait de la monoparentalité à travers son clip.

@eikomania.me x Anha S.L

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Stromae a été l'un des artistes les plus passionnants de ces dernières années. "Alors, On Danse" a créé un engouement pour ce musicien talentueux qui jusqu'à présent nageait dans la pénombre d'un anonymat inexplicable. Ses paroles engagées et son instrumental lugubre mais enivrant nous ont fait vibrer pendant tout l'été 2010. 


Après Te Quiero, Carmen, Papaoutai est un cri du coeur, comme s'il voulait rendre hommage à son père décédé lors du génocide rwandais en 1994. 

Grandir dans une famille monoparentale est compliquée dans la construction de soi. Ce titre nous questionne sur le fait que l'absence d'un parent peut créer une énorme tristesse car lorsque l'on regarde autour de nous, les familles au "schéma classique", on se sent parfois à part. 

Ce vidéo-clip met en lumière la question de la monoparentalité et de comment pouvons-nous construire dans une société qui a des codes sociaux bien définis ? Comment vivre quand on est contraint à subir l'absence d'un parent ? 


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🌟 La norme revisitée : un nouveau modèle familial.

Si l'on recense les chiffres, il y aurait 2 millions de familles monoparentales contre  seulement 10% dans les années 80. Ce qui est assez sidérant lorsque l'on repense au modèle familial d'après-guerre où la fracture d'une union n'était pas envisageable. 

Parfois si l'on perdait un.e conjoint.e, on pouvait refaire sa vie et construire une famille recomposée, de toutes pièces. Mais souvent, on élevait seul.e ses enfants. L'état d'esprit et les moeurs n'étaient pas les mêmes. On était plus ou moins fidèle à celui ou celle qui partageait notre vie. 

Cependant, quand on y regarde de plus près, ce modèle n'est pas nouveau. Il était moins exposé médiatiquement parlant car on n'en parlait peu voire pas du tout. Par exemple, souvent dans les fratries nombreuses, on avait l'aîné qui n'était pas issu du même père ou de la même mère, alors que tous les autres frères et soeurs avaient le sang du mari/femme actuel.le.

Pourquoi ? Parce qu'il existe en réalité plusieurs facteurs dont : les premiers amours clandestins, la contraception inexistante dans les médias, dans les pubs voire dans la communication avec les parents, le contexte historique et "l'interdit" d'une relation qui était un peu bannie par la bienséance de l'époque. 

Mais aujourd'hui, on assume pleinement cette monoparentalité et depuis quelques temps, il y a une sorte de boom par rapport à ce phénomène-là et de plus en plus de personnes vivent dans des familles recomposées, reconstruites plusieurs fois et qui s'inscrivent dans cette nouvelle ère. 

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🔵Dans le regard des autres : quelle est l'image projetée sur le miroir social ?

Quand on est enfant, on a ce mimétisme et les mimiques de nos parents qui sont nos premiers modèles sociaux. Et quand l'un d'eux part, cela devient un peu compliqué de s'identifier, de se construire ou de se projeter en tant qu'être à part entière. 

Souvent, avec notre regard d'enfant, on pense que si les parents divorcent, c'est de notre faute. On a le poids d'une culpabilité qui ne devrait pas exister

Du coup, on rassemble ses souvenirs, regarde à nouveau les photographies qui prennent la poussière, puis on achète ou pique des fringues pour ressembler à celui.celle qui nous manque. 

Il n'y a rien de plus louable qu'un enfant qui veut devenir comme l'un de ses géniteurs. Parfois, c'est un peu plus complexe. Cela dépend de plusieurs domaines comme celui de l'affect, des émotions, du partage que père/mère et fils/fille ont pu avoir ensemble

Dans le regard d'autrui, c'est compliqué car si l'on est amené à perdre un parent très jeune ou que ce.tte dernier.e est partie refaire sa vie ailleurs, par exemple, les autres enfants ne comprennent pas forcément cette configuration-là et même adultes, ceux qui n'ont pas vécu ce genre "d'évènement" ou qui ne sont tout simplement pas ouverts d'esprit, jugent allègrement les gens, leurs amis en ayant des punchlines hyper déplacées comme : 

🔺"Je comprends pourquoi tu ne veux pas d'enfants avec la "famille" que tu as."

🔺"Non mais tu ne peux pas comprendre. Tu n'as pas de famille soudée !"

🔺"Oh le.a pauvre ! Je saisis mieux pourquoi il.le est comme ça."

🔺"Il.elle ne construira rien avec ce schéma là"

Ce sont des punchlines sous-jaccentes et blessantes qui représentent bien la société dans laquelle on vit. On dirait que les personnes qui ne cherchent pas à comprendre ou qui n'éprouvent pas de réelle empathie — dénuée de tous jugements de valeurs – envers les autres, sont dans le déni face à ce phénomène et cette "nouvelle" construction et ces normes sociales redéfinies.

Même la douleur est assez difficile, la monoparentalité ne doit pas être un frein à l'épanouissement personnel, ni même être honteuse. C'est arrivé à n'importe quelle époque et on ne peut pas prévoir certains évènements dans une vie. 

Stromae résume bien la monoparentalité à travers les lignes de sa chanson : 

" Tout le monde sait 
comment faire des bébés, 
Mais personne ne sait 
comment faire des papas"

Il est vrai que c'est beaucoup plus simple d'être géniteur plutôt qu'être de bons parents. On nés poussière et l'on redevient poussière. On donne naissance à des irresponsables comme l'Artiste le dit si bien, mais on peut de notre côté, ne plus reproduire ce qui nous a tant fait souffrir : c'est à dire, à défaut d'avoir une famille éclatée, on peux construire la nôtre grâce à cet "échec social" – qui de fait, devient de plus en plus une norme – et qui finalement, nous apprend des choses sur ce que nous voulons et désirons ou non.

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