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Eikomania

With pretty stories for which there's little good evidence Sea of Tranquility tendrils of gossamer clouds decipherment courage of our questions.

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Pourquoi Stalker fait du "bien" ?

@eikomania.me x Anha S.L

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Stalker ou espionner son prochain est devenu monnaie courante depuis l'apparition d'Internet à la fin des années 2000 et l'émergence des réseaux sociaux. On commençait gentiment par se créer des Skyblogs où l'on ne jurait que par des commentaires en dessous de nos "articles" et nos selfies qui plagiaient les starlettes de sitcoms, puis après le phénomène Facebook est apparu dans nos vies et a bousculé notre façon de consommer l'informations et fabriquer notre propre image.

Au collège, le côté amateur et ludique était encore de la partie. On avait quitté MSN pour cette plateforme un peu avant gardiste. Mais plus il y avait des mises à jour régulières, plus il y avait un enjeu : celui d'avoir la meilleure photo de profil, le meilleur selfie au départ puis la plus "belle" mise en scène. C'était la plupart du temps, des photos numériques prises au compact de 12 méga pixels et dont la résolution était bien souvent médiocre. 

On faisait des albums avec des photos mauvaises mais qui nous évoquaient beaucoup de choses. Il y avait la notion de souvenirs, de spontanéité et d'amitié. D'ailleurs, on ajoutait nos Amis sur Facebook et après, de simples connaissances, pour finir avec de parfaits inconnus. On stalke, on consomme de l'image, des pixels qui nous rassurent, nous apportent une satisfaction indéfinissable car on reste connectés sans le vouloir. 

Mais alors, si espionner est une drogue, est-ce que ce "mojo" fait-il du bien et comment impacte-t-il notre santé mentale ? 



✂️ La vie virtuelle est plus palpitante que la vie réelle ? 

Notre vie est de plus en plus normée par les codes imposés par les Influenceurs et les réseaux sociaux. L'objectif est d'avoir un feed où l'on se met en scène, où l'on est désirable pour taper dans l'oeil des Internautes dont les fans et les détracteurs appelés communément "haters". 

Sur cette vie virtuelle que l'on bâtit jour après jour, où l'on chérit nos photos agrémentées de filtres colorés et vintage, planifie notre quotidien avec une sorte de "retardateur" et contrôle notre langage ainsi que notre gestuelle, nous devenons superficiels. 

En véritables petits robots, notre portable avec l'Internet inclus est devenu une véritable porte ouverte sur le Monde. Mais nous en payons actuellement le prix fort.

Vivre dans une vie qui n'est finalement non représentative de notre histoire. Mais il est passionnant de suivre des comptes dont l'existence est plutôt "plate", aspire l'insouciance, la richesse matérielle et observer comment il est facile d'avoir une vie digne d'un catalogue de déco ou tout simplement provenant d'un simple panneau publicitaire. 

Mais derrière tout ça, il y a quoi en vérité ? Des gens qui font des veilles actives sur les tendances (#Trends) pour avoir encore plus de vues, de commentaires remplis "d'amour" sous leurs nouvelles photos et surtout être dans la norme

Tout le monde stalke surtout depuis que les réseaux sociaux sont devenus un business à part entière où il faut afficher sa vie et mettre en scène sa personne. Cependant, est-ce que la vie de ces gens ressemblent à ce qu'ils montrent quotidiennement ? 

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💓 Un "Égogram" avant d'être un outil, espionner c'est bon pour booster la confiance en soi ?

Comme dit précédemment, les réseaux sociaux valorisent l'égo et l'image des utilisateurs, du moins ce qui se prêtent au jeu. Tout ce jeu de "likes", de followers n'est là que pour se rassurer.

Dans la vie, tout le monde a besoin d'être aimé et parfois d'aimer en retour. Ce qui est plus que normal mais ce sentiment devient totalement démesuré et obsolète lorsque l'on commence à regarder le nombre d'abonnés plutôt que le contenu d'une personne. 

Instagram a remplacé Facebook qui est un réseau qui vieillit assez mal. Les enfants des années 2000 ne sont pas fans de cette plateforme et l'ont rapidement remplacé par TikTok, le petit frère de Vine. On se souvient de Norman Fait Des Vidéos et Hugo Tout Seul qui faisaient ce genre de vidéos amatrices au début des années 2010's. 

Au final, rien n'a changé. Mais beaucoup de choses ont évolué et ce, peut-être dans le mauvais sens du terme. Stalker nous permet d'avoir une confiance en soi derrière un écran, de contrôler la vie des autres en regardant tout ce qu'ils font chaque jour et d'avoir la sensation (erronée) de posséder des ami.e.s que l'on ne connaît que de façon virtuelle car tout ce qu'il y a sur ces plateformes, ce n'est qu'une partie de la vie des humains et surtout, c'est ce que les gens veulent montrer puisqu'ils font très attention à leur image.

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🔮 C'était mieux avant, les réseaux c'est plus ce que c'était ? 

On devient addict et la première chose que l'on fait le matin, c'est de déverrouiller notre téléphone et s'empresser d'appuyer sur une application, scroller et scruter son feed. Puis, vient le moment fatidique de stalker. On pense à quelqu'un tagué sur une publication et cela éveille une curiosité plutôt contagieuse : un vieil ami oublié, une connaissance avec qui on s'est embrouillé, un ex qui a refait sa vie, une collègue de travail vicieux...

Toute raison est bonne pour espionner le profil et le "wall of shame" (mur de la honte) d'une personne prise pour cible. Le problème est que cela devient totalement addictif et peut se transformer en jeu. 

On clique sur un profil, regarde et décortique sa liste d'amis, parfois, on ira jusqu'à créer un deuxième compte pour "jeter un coup d'oeil" aux stories sans se faire griller... Tout ça dans le but de connaître les secrets de la target, mais mieux la connaître pour anticiper les discussions à venir. 

Ça paraît fou, n'est-ce pas ? Mais vous aussi, vous avez déjà fait ce genre de dingueries. Personne n'est fou. Ce sont ce genre d'applications qui retournent le cerveau des uns et des autres. Car finalement, il n'a jamais été aussi facile de connaître la vie des autres et surtout de simples inconnus. 

Certains d'entre vous se sentent plutôt proches des célébrités car ces derniers exposent encore plus leur vie que dans les magazines papier. 

On peut passer au peigne fin le vécu de quelqu'un ce, pendant des heures. Avec le système de "journal" de Facebook qui classent les "archives" années par années, il est facile de connaître les évènements marquants d'une décennie toute entière ainsi que les fréquentations : Ex, Amis, Famille, Rupture, Diplôme...

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Le jeu du stalk peut aller loin : pour les plus amoureux courageux et celles-ceux qui ont été berné.e.s dans leur vie, aujourd'hui, il est possible de connaître le nom qui a provoqué des ravages et qui a accessoirement bouleversé votre existence dans la vraie vie. 

On défile les likes et observe les noms. Ceux qui reviennent sont à étudier et parmi eux se trouvent LA personne. Mais paradoxalement, même si les scoops et les informations "croustillantes" peuvent être source d'excitation, souvent le Stalk fait du bien sur le moment, telle une cigarette consumée le matin avec un café crème, mais il provoque une extrême tristesse car la vraie vie se passe en dehors des écrans et quand bien même, rien ne vaut une bonne explication en face à face sous le soleil cuisant d'un été fougueux bien loin de la fumée amère provoquée par des commentaires superficiels aspirant à l'amour et des abonnés qui vivent finalement une vie qui n'est pas la leur car cette dernière ne leur suffit pas


Point cinéma 🍿

La saison 2 de la série "Stalk" est sortie et est disponible sur YouTube. Si vous aimez le Black Mirror effect, vous aimerez suivre les histoires de ce jeune étudiant outsider. 


Mais le stalk nous rappelle également qu'un certain Mark Zuckerberg a finalement créé en 2004 "The Facebook", qui était un réseau, une sorte de forum, réservé à son campus étudiant dans le but d'un "rassemblement" mais également pour aspirer des informations concernant ses "targets" préférés. Le stalk, c'est finalement, tout un art. 🌀

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