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Eikomania

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Angèle : un document qui nous rappelle à quel point il est facile de s'oublier.

@eikomania.me x Anha S.L

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Trois ans après la sortie de son premier album "Brol", Angèle van Laeken nous pulvérise avec son documentaire autobiographique. Produit par Netflix qui surfe sur la vague et la notoriété des influenceurs ou des Artistes les plus côtés du moment pour que le public voit enfin l'envers du décor de la célébrité, Angèle se prête au jeu et nous questionne sur nos choix, notre place dans cette société et sur notre identité.

Avec le système de likes, d'abonnements et d'algorithme, des micro-stars ont émergé et ont connu un "boom" : plus besoin d'être "le fils ou la fille de" pour être sous les feux des projecteurs, même si, cela reste un booster pour sa visibilité et sa carrière. 

Grâce à l'émergence des réseaux sociaux, la créativité est à son apogée. Il suffit d'oser et de vouloir s'exposer sur les réseaux sociaux pour gagner en notoriété et fabriquer son identité. Instagram a enclenché ce mouvement, TikTok l'a renforcé et a créé de la crédibilité auprès des marques et des médias. 

Mais à force de jouer avec son image, de se transformer pour ressembler à celui ou celle dont on a toujours rêvé, est-ce que l'on se perd ? Parfois, tout devient flou. Et c'est sur un ton mélancolique doublé de ses refrains entêtants, qu'Angèle raconte ses doutes, ses névroses, ses échecs tant professionnels qu'amoureux et ses succès dans ce documentaire introspectif. 


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1995 ou Nonante-Cinq ? : on a tendance à oublier d'où l'on vient, nos racines et nos envies les plus flamboyantes. Même si regoûter à la vie d'avant paraît inaccessible voire inenvisageable, parfois, les choses les plus simples sont souvent bénéfiques pour ne pas se perdre et noyer le "soi" profond parmi tous ces mots, ces pages web qui retranscrivent notre vie déformée par la vision erronée des abonnées, des couvertures de magazines ou encore des présentateurs qui balancent des choses personnelles devant la France entière et qui outent la vie des gens publiquement. 

Être de la fin du 20ème siècle est une révolution : on grandit et subit les nouvelles technologies et l'essor des blogs et d'une communication digitale qui isole de plus en plus les gens. On façonne une image qui nous paraît cohérente et calque sans vergogne les mimiques de stars issues de la télé-réalité ravageuse. Parce qu'à travers l'écran cathodique et avant la naissance des écrans plats, la boite à image nous permettait déjà de se projeter dans un futur recouvert de gloire et de paillettes. 

Les gens des années 1990 connaissent l'évolution et les photos prises au Kodak jetable. Ce qui est intéressant, c'est qu'à l'époque, on rêvait. Angèle van Laeken se projette à travers son idole Hélène Ségara. Nos passions d'enfance se répercutent sur notre futur. Quand on est né pour quelque chose qui paraît insignifiant lorsque l'on a 6 ans, on l'exerce plus tard car dans le fond, on n'oublie jamais nos racines et nos passions primaires. 

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De Instagram à la Scène, la perte d'une Idole de jeunesse mais un refrain militant qui résonne comme un tambour battant : Les réseaux sociaux ont parfois du bon. Ils sont source d'inspirations et nous permettent de puiser des idées, des valeurs et des hymnes dans lesquelles nous nous reconnaissons. 

Commençant en faisant des petites vidéos d'une minute qui font office de cover avec une mise en scène parfois humoristique, Angèle tire son épingle du jeu. Vite remarquée et suivie par les Internautes, elle enchaîne les titres et rapidement, fabrique son Brol avec comme titres phares : La Thune, La Loi de Murphy ou encore Balance Ton Quoi, qui est devenu véritable hymne à la solidarité et à la sororité et qui est résonne dans les manifestations contre la violence des Femmes, le sexiste et d'autres inégalités sociétales révoltantes. 

Quand on traverse l'écran, on devient une personnalité publique. Tous les moindres faits et gestes sont étudiés et décryptés au peigne fin. Le regard des autres et du publique devient le miroir de ce "Nous" qui est en train d'évoluer et de se transformer avec tous ces suffrages virtuels qui ne sont en réalité que des likes et des commentaires parfois haineux, souvent positifs et admiratifs. Mais l'être humain ne retient que le négatif et parfois, cela peut-être un booster pour se renouveler, être une meilleure version de soi-même mais aussi sombrer dans une caricature que l'on aurait préféré éviter. 

Les Idoles de notre enfance se font la malle et laissent place à des allégories plus fortes, souvent plus sombre. La gloire et la polémique naviguent dans les eaux troubles du show-business et défigurent notre identité au fur et à mesure des années passées sur scène et à force d'exposition, l'image commence à brûler sous le soleil hardant des écrans des cellulaires.

Le "Je pense donc je suis" se perd. Mais tout ce que l'on retient, c'est la trace que les Artistes laissent derrière eux. Angèle met un coup de pied dans la fourmilière avec son côté décalé et son engagement pour que les violences faites aux Femmes soient enfin sous la lumière des projecteurs. Un mouvement #MeToo qui sait se faire entendre et qui a trouvé sa tonalité.

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L'image de la Gloire, le montage de la Beauté et l'artifice de l'Amour, ce point de non-retour : Être connu n'est pas synonyme de bonheur absolu. 

On le sait tous : les tabloïds déforment l'image que l'on a de nous. Angèle raconte comment elle s'est retrouvée à la une du magazine Playboy alors que ce n'était qu'un shooting photo lambda pour la revue. Cette humiliation et ce non-consentement ont eu des conséquences sur l'état d'esprit de la chanteuse quand elle était plus jeune et au début de sa carrière. 

Personne ne contrôlait son image sur Instagram, elle seule était le Capitaine du navire et pourtant, plus on gagne en followers, plus on réussit et plus on attise la curiosité malsaine des médias. Ils veulent des Histoires qui font frémir les gens pour qu'ils retweetent une polémique qui de fait, s'éteindra quelques jours (voire heures) plus tard. L'image n'est décidément plus qu'un patchwork constituée d'informations, de photographies volées que l'on retrouve sur Google ou sur des plateaux télé qui ne font que raconter une bride de l'Histoire et façonnent à leur manière la personne pour qu'elle devienne une vedette à scandales et à fric. 

L'Amour est-il artificiel comme un bonbon Haribo à la saveur d'une enfance déjà loin ? On ne sait plus aimer et on ne sait plus comment s'aimer soi. C'est ce qui est triste avec cette génération qui ne jure que par l'image et l'amour du chiffre sur les réseaux sociaux. D'une certaine façon, Angèle a réussi à contourner ce système et sait aimer son public en mettant pas mal d'amour dans ses chansons. 

Tenant ce journal intime plus qu'intimiste qui retrace son enfance, sa passion et ses débuts chaotiques, on se souvient de la partie qu'elle faite avec Damso et les huées qui ont atteint son amour profond pour la musique, nous montre à quel point personne n'est infaillible et que finalement connu ou non, tout le monde est vulnérable. L'image de soi se brise à coups de clichés et de flashs mais alors pourquoi ne pas retourner chez soi ? Angèle le montre, le crie et hurle : "Bruxelles, je t'aime" ! 


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