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Pourquoi les Sephora Kids ont une meilleure night routine que leurs grands-mères ?

@eikimoze ⚡️ x @helloitsanha

À une époque pas si lointaine, nos grands-mères allaient se coucher après le journal télévisé, robe de chambre en pilou sur le dos, un verre d’eau sur la table de nuit, une crème universelle vaguement parfumée à la nostalgie. Aujourd’hui, à la même heure, une enfant de 11 ans dégoupille un sérum à 68 euros devant son smartphone, explique doctement pourquoi le rétinol « c’est pas tous les soirs », puis s’endort avec un masque à led sorti tout droit de Stranger Things qui coûte l’équivalent d’un trimestre de tricot.

L’obsession skincare avant la crème dessert

Il faut dire que les réseaux sociaux ne se contentent plus de pousser des vidéos de chats mignons : désormais, ce sont des pré-ados qui se lèvent à 4h30 du matin pour appliquer jusqu’à douze produits en six minutes chrono, comme si la quête de la peau parfaite commençait avant le petit-déjeuner.

Certains vont jusqu’à acheter des crèmes anti-âge qui feraient frémir une quadra nostalgique des années 80. Pendant ce temps, leurs grands-mères (celles qui ont connu l’apogée de l’eau de Rose et la lotion Nivea en pot bleu) se contentent d’une bonne vieille crème riche. Leur routine « night » ressemble à un poème minimaliste : nettoyer, hydrater, dormir.

Les Sephora Kids ? C’est une symphonie capricieuse de sérums, toners, masques et lotions à prix stratosphériques, une sorte de festival permanent dans une salle de bains.

La génération Alpha en pleine quête d’éclat

Ce n’est pas de la science-fiction : la Gen Alpha, née après 2010, est en train de redéfinir la beauté en transformant chaque moment en opportunité de contenu et chaque produit en accessoire de statut. Sur TikTok, le hashtag #SephoraKids cumule des centaines de millions de vues, valorisant des routines qui feraient pâlir un institut de beauté traditionnel.

Alors que les dermatologues tirent la sonnette d’alarme, les peaux jeunes n’ont pas besoin de rétinol ou d’acides agressifs et risquent même de développer des allergies, nos petites influenceuses continuent d’empiler les couches de produits comme on collectionne les cartes Pokémon rares.

Sephora, nounou officielle de la génération Alpha et des dermato chokbar

L’enseigne regarde le phénomène avec un sourire crispé. Officiellement, on ne cible pas les enfants. Officieusement, on vend des produits dont le packaging ressemble à des bonbons et dont les prix font transpirer les parents. Les boutiques sont envahies par des collégiennes prépubères testant des crèmes anti-âge comme si la ride était une menace imminente, tapie derrière le brevet des collèges. Les médecins alertent car il y a trop d’actifs, trop tôt, trop fort.

Les peaux jeunes s’abîment pendant que les algorithmes, eux, se frottent les mains. Plus c’est extrême, plus ça clique. Plus ça clique, plus ça vend. Et tant pis si, à force de prévenir le vieillissement, on finit par le provoquer.

Grand-mère 1 versus Sephora Kids 0

La vraie ironie, elle est là : celles qui n’ont jamais fait de routine affichent parfois une peau plus sereine que celles qui en font douze par soir. Comme si le secret n’était ni dans le sérum miracle ni dans la crème hors de prix, mais dans un concept désormais révolutionnaire : dormir, manger, vivre.

À ce rythme-là, les Sephora Kids découvriront à 30 ans ce que leurs grands-mères savaient déjà à 20 : la meilleure night routine, c’est parfois d’éteindre la lumière.


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