Anha S.L

With pretty stories for which there's little good evidence Sea of Tranquility tendrils of gossamer clouds decipherment courage of our questions.

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Mustang au triple galop et sa fougue magistrale.

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En 2015 est apparu un OVNI cinématographique au sein de l’industrie du cinéma Français. « Mustang », le premier long métrage réalisé par Deniz Gamze Ergüven, est apparu dans le paysage du cinéma français et a bousculé les codes de notre cinéma fortement enraciné et codifié.

Fort de cette expérience cinématographique à la production désastreuse, ce film n’aurait pas vu le jour si la réalisatrice n’avait pas cru en ce projet et en franchissant les étapes au galop comme son Mustang qui fût une réelle course contre la montre pour que ce premier enfant naisse et parcourt la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2015 avant d’envahir et de toucher la planète entière.

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Un Virgin Suicides turc acclamé par la presse. 

Souvent comparé à l’œuvre d’une certaine Sofia Coppola, ce « Virgin Suicides » turc offre un véritable souffle de liberté dans le cinéma et notamment lors du Festival de Cannes 2015. Brossant le portrait de 5 sœurs qui sont privées de liberté, vampirisées par leur oncle aux tendances malsaines et abusives, Deniz Gamze Ergüven expose le patriarcat turc et la Société dans laquelle une génération de femmes évolue au sein d’une Turquie de plus en plus controversée.

Ces jeunes filles voulant assumer les corps, les premiers amours et leurs désirs sont malheureusement interdites de vivre leur jeunesse à temps plein. La caméra de David Chizallet, le directeur de la photo, tangue vers l’inconnu et arbore ces jeunes corps recouverts d’un vêtement, imposé par leur famille, couleur « merde » comme dirait la cadette de la fratrie.

Prêtes à être mariées de force à des hommes de bonne famille, ces jeunes adolescentes plutôt rebelles vont devoir assumer le choix de leur oncle pour perpétuer ce rituel affligeant.

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Une bouteille à la mer qui fait galoper le monde entier. 

Abordé comme un conte, Mustang flirte entre le drame et la comédie. Sur un ton décalé et sur une bande son originale plutôt enivrante, la jeune Lalé se rebelle contre le système pour rejoindre Istanbul afin d’envisager une vie meilleure. Selon moi, élu par les coeurs battants, "meilleur premier film de 2015", Mustang fût une révélation et un choc émotionnel d’une pureté rare dans un cinéma français controversé à l’image qu’expose Deniz G. Ergüven dans son film.

D’une part, Mustang, ce cheval au triple galop, reflète cette Société en général, ses limites et ses stéréotypes qu’elle attribue aux femmes et d’autre part, ce film au lyrisme envoûtant propose une solution radicale : aller vers un autre Monde pour envisager le bonheur au sein de ce Monde difficile où la liberté d’expression, d’aimer reste incertain...

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Les fantômes du patriarcat moderne vu par une réalisatrice aux idées progressistes. 

De plus, Deniz G. Ergüven utilise ses plans pour montrer les magnifiques paysages du petit village de la Turquie qui s’étendent à perte vue. Elle expose ce paradoxe en filmant la maison aux barreaux dorés qui, petit à petit, se vide de sa substance pour laisser à un tableau morbide aux allures de cimetière où les fantômes de filles dansent et se lamentent en criant leur liberté avortée.

Pour conclure, Mustang fût pour ma part, une révélation et donne naissance à un angle différent sur des sentiments et principes nobles : l’amour, la solidarité et la liberté en découvrant le certain regard d’une cinéaste engagée sur une Société étrangère mais qui, de fait, ressemble de près comme de loin, à la Nôtre.

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