Anha

With pretty stories for which there's little good evidence Sea of Tranquility tendrils of gossamer clouds decipherment courage of our questions.

@eikomania.me

Et si... : On revenait 5 ans en arrière et qu'on vivait enfin notre Histoire.

@eikomania.me x Anha S.L


ET SI ? 

Avoir une machine à remonter le temps et vouloir changer le destin pour réécrire un scénario ? C'est le rêve de tout le monde. On a souvent des remords et des regrets. Parfois, on a juste envie d'appuyer sur la touche "pause" pour stopper le temps et ensuite actionner la touche "retour en arrière" pour modifier deux-trois choses.

Pourquoi regrettons-nous notre passé ? Je sais que bien d'entres nous se disent qu'ils sont passés à côté de leur âme-soeur, qu'ils l'ont croisée dans les rues, l'ont frôlée, leur ont même dit bonjour sans même connaitre ou demander son nom... Parfois, on a passé une année à ses côtés sans même s'en rendre compte et au moment où viennent les "adieux", un vide se creuse en nous. On se dit qu'on est passé à côté d'une belle histoire d'amour ou d'amitié et que jamais cela ne se reproduira jamais

Alors que si...

En ce début d'année, j'avais envie de faire le point sur mes regrets, scénariser mes éventuelles histoires déchues, non abouties et qui, finalement, n'existeront jamais. J'ai retrouvé une boite à souvenirs et un sentiment de nostalgie est monté en puissance. 

Parfois, il faut savoir fantasmer, se demander quelle aurait été notre vie si l'on avait emprunté tel ou tel chemin. Explorer l'arborescence des choix, c'est humain et important dans notre construction psychique. Parce qu'il faut savoir se rendre compte de tout ce que l'on a et ne rien regretter. 


Avec des "Si", on mettrait Paris en bouteille...

Coucher son coeur sur le papier d'aluminium permet de lâcher prise pendant quelques instants et de remettre les compteurs à zéro. 

Avec un garçon, rencontré en école de cinéma lors de ma seconde année, ça a été le coup de foudre mutuel. Jamais de ma vie, je me dis que cela se reproduira tellement que ça a été intense. Avec Léon* (j'ai modifié le nom pour garder l'anonymat), j'avais l'impression que c'était fusionnel, qu'on avait une connexion intense mais malgré tout, on se perdait dans le flot de nos sentiments les plus personnels. On passait du temps ensemble jusqu'à ce que j'apprenne qu'il avait une copine. Ça a été une sorte d'électro-choc. Toute cette année-là, on a été proche, sans jamais cédé aux sirènes du désir caché et l'année suivante, pendant notre dernière année, on a été de simples étrangers. 

Je donne cet exemple car il illustre bien cet article donc si tu lis ce post, Léon, sache que ceci est dit avec la plus grande bienveillance et que finalement, je ne t'ai jamais oublié ou plutôt, je n'ai jamais oublié ce truc que l'on appelle "coup de foudre" (⚡️). Parce que, ces quelques secondes, ont été belles, intenses, exhaustives et on peut citer tout le champ lexical de la puissance des sentiments. 

Mais je ne regrette pas de ne pas avoir été avec lui. Ça n'aurait pas matché. Quand quelque chose ne se produit pas,  c'est que parfois le destin est bien fait. 

Si ça c'était produit (et j'insiste sur le "si"), ça aurait été le début des ennuis, avec sa copine, les embrouilles à répétition, l'ennui aussi. Même si on se retenait de pouvoir mettre à plat nos sentiments, ça aurait été fusionnel un temps mais très long et ennuyeux sur le long terme. 

Je rêvais énormément et ça n'a pas changé. Du coup, j'ai tendance à voir tout en grand, à faire des plans un peu fous sur la comète et de mettre tout en oeuvre pour les réaliser. J'aime être seule. La solitude me pèse rarement car je joue en individuel mais cela n'empêche que j'adore l'esprit collectif quand il y a une certaine cohésion entre les membres de l'équipe. Par exemple, je suis heureuse de partager ma joie avec mon équipe de tournage à la fin de la dernière journée. Par contre, je préfère être seule pour écrire, réfléchir, voyager, aller au cinéma et manger au restau'. 

Justement, manger seul au restau, c'est un truc qui me manque. À l'heure où les restaurateurs, les cafetiers et les traiteurs sont fermés, la sortie de la semaine me manque vraiment. Je n'aime pas forcément aller diner en tête à tête avec un amoureux, sûrement, parce que j'ai eu des mauvais souvenirs et que de gâcher ce moment qui se doit d'être convivial, me fend le coeur. 💔

Se regarder dans le blanc des yeux et essayer d'enclencher une conversation sans spontanéité, pour combler les moments de vide ou autre, m'angoisse terriblement. Je préfère quelqu'un qui est ultra bavard, quitte à débattre ou à se chamailler que l'inverse. 

Je pense sincèrement qu'avec ce garçon, ça ne l'aurait pas fait. Nous n'avions pas les mêmes aspirations, les mêmes ambitions, les mêmes conversations, bien que j'admirais son parcours de littéraire et d'ancien Normalien, reconverti en apprenti-cinéaste. De plus, la situation n'était viable. Sans décision concrète de sa part, je ne pouvais rien faire, sûrement par respect pour sa concubine. Ça aurait été ma toute première relation, j'avais 17 trois quart quand je l'ai rencontré en début de seconde année d'école supérieure, et personnellement, je ne voulais pas gâcher cet instant qui est une étape cruciale dans la vie d'un être humain. 

🍓 Autre exemple : 

Tout comme ce producteur avec qui j'avais pris un verre pour parler de mon mémoire de fin d'études. Ce qui est drôle, c'est qu'il n'a répondu à aucune de mes questions et on a finalement parlé de tout et de n'importe quoi. Il voulait voir mes films. Très bien. 

Du coup, ce qui est marrant, c'est que j'ai payé l'addition au café car il n'avait pas de cash sur lui et que le paiement par carte était autorisé qu'à partir de 10 euros minimum. J'ai lâché un billet de 10 et il m'a sorti que la prochaine fois, c'est lui qui paierait. 

Je n'en veux pas à ces acteurs de la production cinématographique en France, mais s'il vous plait, arrêtez de jouer avec les sentiments fragiles des jeunes cinéastes en herbe qui rêvent de vivre de leur passion. Dans cette situation, je paye le verre en tant qu'étudiante fauchée à un producteur qui s'en sort très bien dans la vie et qui, j'imagine, n'a pas les mêmes problèmes financiers que moi. 

Après quelques relances, j'ai laissé tomber pour prendre un second rendez-vous avec ce type qui était manifestement aux abonnés absents. Je voulais partir au Canada, et je suis finalement partie à Los Angeles. De toute façon, il ne fallait pas trop rêver. Un producteur d'une telle renommée dans le cinéma indépendant a d'autres chats à fouetter que de s'occuper d'une jeunette diplômée de 19 ans qui aspire à se barrer loin de l'Hexagone. 

Cette histoire est rigolote et je remercie ce type car j'ai pu accomplir de grandes choses, voyager un peu partout en solitaire, faire un long-métrage, me découvrir une passion pour la production et malgré tout, aller jusqu'au bout de mes envies sans être étouffée par un univers parisien qui m'horripilait. 

Donc, même si j'ai tendance à être sujette à une curiosité dévorante et de vouloir réécrire le scénario, juste pour voir ce que je deviendrais si j'avais pris un autre chemin, je préfère leur dire : MERCI ! ⚡️

Merci au destin de m'avoir fait vivre des aventures extraordinaires et de ne pas m'avoir fait "matcher" avec ces personnes-là. Ça aurait sûrement fini en clash. Parfois, c'est comme l'huile et l'eau, les caractères ou les aspirations des humains sont non miscibles. Et ce n'est pas plus mal comme ça. 


Tout est perfectible et corrigible ! 

Sauf si tu cours après ton destin et que tu te dis : "OMG, c'est mon âme-soeur ! Vite, je prends ma valise, attrape un bus, et cours à fond les ballons pour rattraper le temps perdu". 

Sauf que non. Il faut laisser le passé au passé car le présent construit ton futur. On est 7 milliards d'êtres humains sur cette Terre. Des amitiés peuvent se créer, des collaborations artistiques et professionnelles peuvent s'enclencher en un battement de cils et une personne t'attend même si c'est dans un coin paumé du globe. Il suffit d'une rencontre pour tout faire basculer. Et, à l'heure où le digital rythme nos vies – qui pour l'instant sont un peu fades –, faire des rencontres n'a jamais été aussi facile.

J'exclue évidemment les sites de rencontres car je suis ultra hermétique à cette pratique-là. Jamais je n'ai créé de profil, j'ai toujours fait les choses naturellement ou alors dialoguer avec quelqu'un sur Instagram ou Facebook. Mais avec mon vrai-moi, sans artifice, sans contrainte, sans but précis etc. Je préfère les rencontres dites naturelles même si on se donne rendez-vous sur un réseau social. Généralement, je le fais pour dialoguer et interviewer des gens, jamais dans un autre but. 

Le film "HER" m'a contaminée, je trouve ça atroce comme histoire. En plus, je trouve qu'il n'y a rien de mieux que de se rencontrer au détour d'une rue, dans un bal populaire, chez des amis communs... 

Courir après son destin, c'est une chose. Courir après son passé parce que l'on est nostalgie, s'en est une autre. Si tu veux rectifier ton destin, tu peux le faire, mais cela demande un minimum de courage et de patience. Parce que se réinsérer dans la vie de quelqu'un que tu n'as pas vu depuis 10 ans, ce n'est pas une chose facile. C'est pourquoi, faire les choses "naturellement", est quand même beaucoup mieux, notamment pour la santé mentale afin d'éviter un mental breakdown qui te fera descendre au fond du trou.

Et je finirai avec cette citation qui me parait judicieuse et bien placée : 


"Arrêtons de courir après le temps, prenons le temps de vivre et d'exister." 



À méditer. 🍿

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