Anha S.L

With pretty stories for which there's little good evidence Sea of Tranquility tendrils of gossamer clouds decipherment courage of our questions.

@eikomania.me

Être ultra connecté : une coupure dans le temps.

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Notre portable est devenu une extension de nous-mêmes.

À l'aube de 2021, les smartphones n'ont jamais été aussi présents dans nos vies. On ne peut plus vivre sans eux et eux, sans nous. Ce petit appareil rectangle qui a tant évolué est le miroir qui met en valeur notre meilleur profil sur Instagram et nos punchlines favorites sur Twitter ou Facebook. 

Pour ma part, j'ai eu mon premier portable à l'âge de 8-9 ans. C'était un vieux Nokia que mon père m'avait offert quand il s'est séparé de ma mère. J'étais contente car je pouvais communiquer et appeler mais pas en illimité. Par contre, je pouvais jouer au Tétris ou Snake non stop. Passionnée par les jeux vidéos, j'aimais avoir cette liberté de parler aux autres n'importe où et n'importe quand rien qu'avec ce petit bout de plastique. 

Les temps ont bien changé quand j'ai reçu un iPhone 3Gs en 2010. Je suis devenue addict aux téléphones à la Pomme. Et je ne l'ai jamais quitté. Je ne suis pas là pour faire l'apologie d'Apple mais comme la drogue, quand on goute à ce met si onéreux et addictif, on ne peut plus s'en détacher. 

Avec Instagram et de toutes ces applications mobiles, on est vite devenu accro et des aficionados des réseaux sociaux. Il y a 10 ans, la vie des autres ne nous intéressait pas. Aujourd'hui, on stalke, on traque et on échange grâce à cette plateforme qui retrace notre pellicule photos assez intime. Mais est-ce réellement représentatif de nos vies ? 

La réalité virtuelle, source d'angoisse ou rêves à portée de main ? 

En s'affichant sur les réseaux sociaux, on est devenu angoissé à l'idée de ne pas être aimé à notre juste valeur. Les "likes" - ou mention j'aime - ont été des preuves d'amour et d'amitié au début des années 2010. Mais au fur et à mesure du temps, quand les marques et les entreprises ont compris que les réseaux étaient sources de business, les likes se sont transformés en pièce de monnaie. Je pense que c'est valable pour tout le monde, on ne fait même plus attention à qui "like" nos photos. À part si c'est Madonna ou Kit Harington, j'ai l'impression que le fait d'aimer quelque chose perd de sa valeur. 

Le contenu digital est là mais les images inscrites dans notre cerveau sont éphémères. On passe au moins 1 heure par jour sur notre téléphone. C'est une extension de nous et ce petit bijou technologique qui nous ouvre les portes vers de nouvelles aventures et rencontres est un deuxième coeur ou cerveau est indémodable. 

Les réseaux sociaux ont une puissance hors du commun. Mais parfois lorsque l'on est addict, des angoisses peuvent survenir. On est terrassé de ne plus avoir aucun abonné et de ne plus être "aimé". Certains qui s'inscrivent veulent avoir une petite notoriété notamment pour vivre de leur passion et d'autres veulent être le héros de leur aventure virtuelle. Des rêves sont à la clé si on perce sur ces plateformes mais à vouloir trop faire, on en oublie le sens des réalités et des valeurs. On tape tellement vite sur nos smartphones pour actualiser nos statuts Facebook que l'on va finir par avoir des moufles à la place des mains.

Avant, lorsque j'ai connu Instagram, c'était par le plus grand biais du hasard et je l'utilisais pour retoucher mes photos avec des filtres cool et vintage. Je ne pensais pas que cette plateforme allait prendre autant d'ampleur en particulier avec ce business qui englobe les Influenceurs. 

Mais est-ce le vrai bonheur ? Pourquoi ces réseaux sont devenus des business à part entière et que se cache derrière ce vernis à la couleur idéale et un peu trop lisse ? 

Il n'y a pas toujours du bonheur, effectivement. Je pense même que certains sont malheureux et s'isolent de plus en plus. Alors qu'au contraire, les réseaux sont faits pour que les humains se rapprochent, communiquent entre eux et se rencontrent. 

Les sites de rencontres comme Tinder, Fruitz et pleins d'autres favorisent ces rencontres mais cela reste dans un but "lucratif" à savoir décrocher le date et l'amour de sa vie (ou alors le plan de sa nuit). N'ayant jamais utilisé ce genre d'applis qui pour moi est anti-romantique, j'ai néanmoins déjà fait des rencontres grâce à Instagram. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était vraiment chouette. 

Les applications peuvent être néfastes mais si on sait bien les utiliser elles peuvent être magiques. J'ai pu rencontrer des amis comédiens, partager des posts avec des internautes, faire débats enflammés et même aller à un spectacle de magie au Studio des Champs Élysées. 

Quand on rencontre les gens en vrai, après des mois où on textote en permanence, ça fait toujours bizarre. On passe d'un pseudo et d'une photo pixelisée à un être en chair et en os. Mon émotion a été grande quand j'ai vu ces personnes pour de "vrai" et qui, aujourd'hui, sont des amis ou de bonnes connaissances. 

Mais il y a des mauvais aspects...

Un portable ne s'arrête jamais de vivre. 

J'ai parlé du cyberharcèlement. Beaucoup d'adolescents ou de jeunes adultes vivent ceci et quand ils le subissent à l'école, on peut penser que l'on peut souffler afin de prendre des forces pour le lendemain alors qu'au final, le portable ne cesse jamais de s'éclairer. Ça peut être terrible de recevoir des messages assassins et qui nous discréditent ou encore de voir sous des posts Instagram des réactions injustifiées et virulentes de la part des internautes. Être connecté, c'est cool et c'est devenu un mode de vie pour chacun d'entre nous. 

Cependant, comme un couteau de cuisine, nous devons l'utiliser avec précaution et parcimonie. La curiosité est un vilain défaut et quand on est pressé de connaitre ce que l'on pense sur vous, on peut vite tomber au plus bas. Ou à l'inverse, l'égo peut monter en flèche et on peut perdre son identité en la troquant contre une image qui n'est plus la nôtre. Afin de ne pas laisser place à un personnage caricatural piloté par les diktats de la mode et des tendances liées aux réseaux sociaux, il faut rester soi-même et partager votre contenu habituel. Au fur et à mesure des années, on progresse, on change, ça s'appelle l'évolution. Et comme pour tout, on peut regarder en arrière et se dire à quel point on a fait du chemin et ô combien nos posts étaient moyens mais ils sont tellement sentimentaux qu'il est quasiment impossible de les supprimer. 

Je parle beaucoup d'Instagram car c'est avec cet outil que j'ai pu faire des rencontres et étant le royaume de l'image, je peux partager ma passion de la photo, du cinéma et maintenant de l'illustration grâce à lui. 

Le portable ne s'arrête jamais de s'illuminer mais tôt ou tard, je me dis qu'il y aura peut-être une fin à tout ça. Et c'est peut-être ma hantise. On passe des heures à faire en sorte que nos chiffres gonflent, à regarder nos statistiques et à vouloir faire du contenu qui plait aux gens, mais on s'oublie

Le plus important, c'est de partager ce que vous aimez et de rester vous-mêmes qu'importe les critiques et les messages un peu déplacés. J'ai appris ça récemment : ce n'est pas le meilleur feed Instagram qui compte, c'est le partage. On est sur les réseaux parce que l'on veut partager notre passion et parfois dévoiler un morceau de notre vie avec des inconnus. Certains le font pour être aimer, d'autres pour vivre de leur métier et certains veulent juste donner de l'amour et de l'espoir à travers leurs posts. 

Entre guerre des petits carrés qui regroupent citations nostalgiques, selfies à tout va, photographies psychédéliques et univers ravageurs, nous n'avons pas fini de goûter à cet univers pixélisés et une détox digitale serait peut-être la bienvenue.

Mais pas pour le moment ;) ! ⚡️

Commentaires

  1. Je suis complétement d'accord avec toi... Ma vie tourne autour de mon téléphone et des réseaux sociaux, et c'est de pire en pire. Alors j'essaie de me mettre des minuteurs, d'essayer de l'oublier, de ne plus y toucher avant de dormir... En vain. Je suis carrément accro et je me sens obligée de le déverrouiller toutes les 30sc.

    Il serait grand temps que je fasse une petite détox justement ! Des bisous

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  2. Oui c'est vrai que l'on devient vite accro. J'attends mes vacances pour faire ma petite digital detox.

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  3. Le retour des commentaires de trois pieds de long ! 1/2

    J'ai eu mon premier portable au collège (incapable de dire l'année) il y a à peu près 10 ans, alors que je n'en voulais même pas. Je n'ai quasiment aucune appli dedans, certainement pas les réseaux sociaux, et je suis capable de le laisser éteint pendant des jours. D'ailleurs, si je suis forcée de l'allumer parce que j'attends un appel, ça me stresse énormément !

    Je suis tout à fait d'accord sur le fait que "aimer" quelque chose perd de sa valeur ! D'ailleurs, il y a quelques temps et encore hier je me faisais cette réflexion que l'on ne commente presque plus les articles de blogs : on "aime" le post sur les RS ! Je suis certains blogs avec de grosses communauté, beaucoup de lecteurs abonnés aux comptes Twitter et compagnie, mais pas beaucoup d'échanges ni de commentaires sur les blogs. On consomme les articles de blogs comme les articles de presse sans prendre le temps de remercier la personne ou d'expliquer ce qu'il y a derrière le "j'aime". Parce que derrière une mention j'aime il peut y avoir plein de trucs ! Par exemple : "j'ai ri", "je suis d'accord", "whooow ! impressionnant !", "trop mignon !", "merci !", "j'ai appris quelque chose"... On "aime" juste sans dire à la personne "merci pour le fou-rire" ou "je n'avais jamais vu les choses comme ça, tu me fais réfléchir", etc. Je trouve ça un peu triste, en fait. Ça peut paraître idiot, mais même un commentaire avec un "c'est trop mignon ce que tu écris pour ton petit-ami" peut faire super plaisir même si ce n'est pas constructif. Ou un "j'adore ce que tu fais, c'est trop beau" donne du baume au cœur quand une mention j'aime est un peu impersonnelle...
    En scrollant, on a aussi l'habitude "d'aimer" tout et n'importe quoi, du simple "c'est sympa" au "c'est IN-CROY-YABLE !" et du coup quelle valeur accorder au "j'aime" ?

    Personnellement, la célébrité ne m'intéresse pas du tout... bien sûr, j'aimerais bien être un peu plus suivie, et aussi avoir un peu plus d'échange parce que j'ai créé mon blog pour partager et échanger et au final je n'ai quasiment pas de commentaires, même sur les articles qui sont très lus. Mais je ne veux pas non plus des milliers d'abonnés ! Il y a quelques semaines j'ai répondu au tweet d'une personne très suivie. Pendant 3 jours entiers je me suis retrouvée avec des centaines de notifications (le tweet a été aimé 1 600 fois, retweeté presque 1 000 fois dans mon souvenir, sans compter les réponses aux réponses des réponses). C'était infernal. Et moi en plus je ne sais pas lâcher-prise donc autant dire que je voulais répondre à quasiment tout... au final j'ai fini par me déconnecter de tweeter et ensuite, comme ça me faisait toujours pas lâcher-prise, j'ai éteint les notifications dans les paramètres pour plus les recevoir x) Quand je penses que y a des gens à qui un tel déferlement arrive tous les jours...! Je suis vaccinée à VIE !

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  4. 2/2

    Mention spéciale à la métaphore du couteau de cuisine : j'utilise la même depuis plusieurs années ! ;)

    Le petit proverbe sur la curiosité, je le prends comme un signe pour écrire l'article que je me tâte à rédiger depuis plusieurs semaines ! ;)

    Une chose m'a beaucoup marquée il y a quelques semaines, c'est un ado de 14 ans qui m'a dit qu'il préférait ma génération parce que on est plus raisonnable sur les appareils comme les téléphones et compagnie, et qu'il aime bien aussi les vieux téléphones fixes (tu sais, ceux où les numéros sont dans un disque que tu dois faire tourner) et quand je lui ai dit que moi je pouvais laisser mon téléphone dans un coin pendant des jours, il m'enviait ! Sauf qu'à 14 ans, né en plein dedans, il n'avait pas du tout les armes pour passer au-delà de ça. Et quand ils se trouvent entre amis, ils sont sur leur téléphone ! Je lui ai dit de commencer par laisser son téléphone dans le salon le soir, pour par sauter dessus dès le réveil. C'est la première étape ! Mais sa détresse (parce que oui, c'était vraiment une forme de défaitisme et de détresse) m'a beaucoup marquée et chagrinée. En mettant des appareils dans les mains des gamins dès le plus jeune âge parce que ça les occupe, on les a bousillés ! Peut-être que j'écrirais un article sur tout ça un de ces jours tant il y en a à dire !

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