Anha S.L

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Les rêves de l'ancienne génération : leurs reproches, leur incompréhension envers la jeunesse.

@eikomania.me x Mamita

Une période compliquée et des rêves déchus. 

Après la Seconde Guerre Mondiale, il y a eu une phase de reconstruction. C'était comme si, on recommençait tout à zéro. À chaque cycle de l'humanité, les humains construisent puis pillent ce qu'ils font pour mieux recommencer. Et après 1945, le monde a connu une mutation. Ma famille qui avait subi la fin de la guerre m'a partagé quelques souvenirs. Ils ont connu une évolution monstre entre l'après-guerre, le début de la Mondialisation et aujourd'hui. Je trouve ça dingue que l'on puisse vivre tous ces changements au fur et à mesure du temps. Ils sont passés du téléphone filaire à l'iPhone mais également des lettres manuscrites aux messages instantanés que l'on balance à tout bout de champ sur les réseaux sociaux. 

Aujourd'hui, c'est comme si on ne parlait plus la même langue. Le langage entre "l'Ancienne Génération" et les Millénial n'est plus le même. Ça s'appelle sûrement l'évolution mais parfois, eux comme nous, on a du mal à communiquer et à avoir de l'empathie en se mettant à la place de l'autre. On ne se comprend plus. 

Pour nous, nos rêves sont accessibles.

Bien que certains soient plus difficiles d'excès que d'autres, on a la possibilité de concrétiser un projet. Alors qu'à l'époque, les enfants de classe très moyenne voire ultra modeste devaient travailler à l'usine dès l'âge de 14 ans. Ma tante m'a dit que son rêve était la danse, une autre rêvait de devenir décoratrice sur porcelaine... Ma grand-mère, immigrée de Pologne, voulait que ses enfants travaillent pour contribuer à la vie de la maison. Quand on a une famille nombreuse, on doit nourrir des bouches. Il y a davantage un instinct de survie que de plaisir.

Les rêves sont inexistants et noyés parmi la masse de travail à effectuer. Ce que mes ainés ne comprennent pas, c'est que la Jeune Génération jouit d'une liberté importante. Il est vrai qu'une multitude de métiers se développe et que lorsque l'on doit noter ce que l'on veut faire plus tard, on reste devant une page blanche.

Combien de fois j'ai changé de métiers ? 
Combien de rêves ai-je pu faire avant de décider de ce que j'allais devenir ? 
Combien de possibilités m'étaient offertes pour concrétiser ce rêve ? 
Me rendais-je compte à quel point j'étais libre de mes choix ? 

Oui, mais paradoxalement, plus il y a de choix, plus nous sommes perdus. Et c'est bien ça qui agace nos aînés qui eux n'ont pas eu la possibilité d'être acteurs de leur propre vie. Avec une pointe d'amertume, ils nous font le reproche que nous nous plaignons trop, que tout soit instantané et trop rapide et que nous pouvons entreprendre avec facilité dans un monde où Internet ouvre une porte d'accès sur l'Univers. 

Cependant, même avec toute la bonne volonté du monde, nous sommes toujours dans une sorte de flou. Il y a trois catégories de personnes : 

- Ceux qui savent ce qu'ils veulent faire dans la vie mais n'ont pas les moyens de financiers de concrétiser leurs rêves. Soit ils se flagellent, soit ils tentent de trouver une porte de sortie ou bien de réussir coûte que coûte quitte à mettre leur santé mentale et physique en péril.

- Ceux qui sont totalement perdus et qui se cherchent. Pour cela, ils testent des métiers et sont riches en expériences.

- Ceux qui n'ont aucun problème d'argent, issus de milieux aisés ou qui ont la possibilité de financer des études hors de prix, leur permis de conduire et d'avoir une trésorerie suffisante pour leur entreprise ou leurs voyages Erasmus. Généralement, ces personnes-là ne se posent pas la question d'être en dèche de thune à la fin du mois et de devoir manger des pâtes à la sauce tomate de chez Liddle tous les jours ainsi que de devoir se priver de sortir.

Je ne les blâme pas. Si on était tous sur le même pied d'égalité ou alors né dans ce genre de familles, on profitera de ce "confort" et de ce réseau. Ce que je leur reproche, c'est de mépriser les autres, de les juger parce qu'ils sont instables professionnellement ou financièrement et qu'ils se cherchent encore. Généralement, ils ne se rendent pas compte du facteur chance qu'ils ont et ne sont pas être reconnaissants envers la vie. Et d'ailleurs, c'est ce que réprimande nos aînés. Comme quoi, on passe plus de temps à faire des reproches qu'à se concentrer sur les bons moments.


@eikomania.me x Mamita

Le désir du bonheur : un point fort point commun. 

Que soit les Millénials qui ne savent plus où donner de la tête ou bien l'Ancienne Génération, on a tous envie d'être heureux au moins une fois dans notre existence. À l'époque, on devait se marier, avoir des enfants et avoir un travail. Une véritable liste de courses qui ne laissait pas de place aux rêves et aux désirs. Aujourd'hui, nous avons davantage la possibilité de renoncer à cette norme et à ces "courses" inscrites dans le petit livre de la Société. Nous ne sommes plus obligés de faire des enfants à l'aube de nos  vingt ans. Le seul gamin que l'on peut avoir et que l'on transporte avec nous est le fameux Syndrome de l'Imposteur. Il grandit avec nous et nous oppresse. Surtout, il nous empêche de nous réaliser en tant qu'humains, artistes ou professionnels. Mais ça, c'est un autre sujet car c'est une maladie qui s'est accentuée au cours de ces dix dernières années. Comment pouvons-nous nous sentir légitimes lorsque l'on a réussi ? Dès lors que l'on prend l'ascenseur social pour monter les échelons un à un, on se sent jugé à tous les niveaux. Alors, où trouver le juste milieu ? 

On doit rebattre les cartes pour pouvoir donner la possibilité aux Femmes de s'exprimer et de trouver leur place au sein d'une société un peu trop patriarcale. On en parle, on chante des hymnes dédiés aux Femmes comme l'a fait la chanteuse belge, Angèle, avec son Balance Ton Quoi et on revendique leur place en image sur Instagram. Il y a une véritable émancipation des Femmes et une libération de la parole depuis l'affaire #MeToo. Un véritable effet boule s'est enclenchée et des témoignages ont fusé sur les réseaux. C'est peut-être ça la force d'Internet. 

Trop de liberté, tue la Liberté ! 

De ce que j'ai pu comprendre, mes aînés nous reprochent d'être trop libres, trop tempétueux, vraiment "too-much". On a trop de possibilités et selon eux, on n'en fait qu'à notre tête. Ce qui n'est pas totalement faux au final. Nous sommes passés d'une époque qui était normée et bel et bien codifiée avec un avenir tout tracé à un temps où la jeunesse aspire à la liberté dans une Société technologique et mondialisée qui permet la liberté d'expression. On le voit sur les réseaux et on peut constater l'évolution et les diverses mutations entre les adolescents des années après-guerre, ceux des années 80/2000 et ceux d'aujourd'hui. D'ailleurs, ils ne comprennent pas l'enjeu des réseaux sociaux, que l'on peut monter des business sur Internet et que l'on peut vivre grâce au digital. Parce que pour eux, Internet n'est pas un vrai métier.

Je rejoins mes aînés en disant que les Adolescents veulent devenir des adultes avant l'âge. Que les filles sont ultra sexualisées et qui dès lors se mettent en scène sur les réseaux sociaux en faisant une danse du ventre aguicheuse. Je ne sais pas si l'on peut parler de technologie qui modifie les codes ou les comportements ou simplement de l'évolution qui parfois, dans les attitudes, devient assez régressive. 

Être trop libre, c'est se perdre. Comme un couteau de cuisine, la liberté doit être bien utilisée et à bon escient. Comme internet, d'ailleurs, le taux de cyber harcèlement est en train d'atteindre un pic qui commence à devenir inquiétant. Comment contrer ce fléau qui regroupe le revenge porn, les tweets assassins, les groupes Facebook qui regroupent les nudes des uns des autres...? En gros comment jauger cette liberté ? 

Ce que l'Ancienne Génération déplore, c'est le vocabulaire un peu trop libre et cru de la jeunesse. Je parlais de langage et de norme, mais nous sommes en train de vivre un tournant dans l'éducation. La langue de Molière est en train d'être déformée et par expérience, je sais que je suis un peu trop brute dans mes paroles lorsque je m'adresse à mes parents. Ma mère m'expliquait que jamais elle n'aurait parlé de sexualité, de garçons, de contraception et d'autres sujets tabous avec sa maternelle. Les aînés soulignent qu'il y a un manque de respect de notre part, ce qui n'est pas totalement faux. Après, je pense que chaque époque qui connait une mutation a ses propres règles et son propre langage. Dans dix ans, pour tous ceux qui ont vingt ans en 2020, on sera has-been ou inconsciemment, on l'est déjà.   


@eikomania.me x Mamita

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