Anha

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Euphoria : Une série psychédélique qui revisite les codes des teen-movies.

@kirinrider

Quel est ce phénomène qui revient prochainement sur nos écrans ?

Euphoria, c'est la série teenage qui a marqué les esprits en 2019. Elle s'apprête à faire son grand retour avec sa saison 2 dont le tournage a été perturbé à cause du contexte sanitaire actuel. Les premiers épisodes de cette nouvelle intrigue sont dans la boite et on a tous hâte de connaitre la suite des aventures de Rue, héroïne interprétée par la fabuleuse Zendaya. La série nous avait laissé sur notre faim avec cette fameuse scène de danse envoûtante. 

Je l'ai découverte pendant le confinement et le moindre que l'on puisse dire, c'est que tout est réuni pour nous plonger au coeur d'un univers parallèle ultra psychédélique. Entre les couleurs saturées piquées au Neon Demon de Nicolas Winding Refn et une mise en scène à la Carry de Brian de Palma, Euphoria se démarque de toutes les autres séries pour adolescentes que l'on a pu voir au cours de ces deux dernières années. 


@euphoria

Pourquoi ? 

Parce que l'on a l'impression de faire un saut dans le temps, de redécouvrir avec joie l'époque des eighties que certains millénials ont survolé alors que d'autres n'ont presque jamais entendu parler de ces années là. 

Les costumes, les décors, le maquillage... Toute cette mise en scène nous donne le vertige, on est directement imprégner de cette sphère magenta qui nous englobe. Des musiques aux tonalités très mystérieuses contribuent grandement à la participation de cet univers : en passant par Labrinth qui au passage a quasiment composé la bande son toute entière ainsi que par le groupe Blood Orange qui m'a particulièrement marquée dans Palo Alto, un autre teen-movie dressant le portrait d'une adolescence à la dérive. Même la symphonie Hold On de Queen B fait une apparition majestueuse au début de l'épisode 1, ce qui ne fait qu'amplifier la douce folie qu'est Euphoria. 


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Entre sexe, violence, excès d'amour et amitiés déchirantes. 

Skins m'avait vraiment bouleversée et choquée avec ces scènes parfois excessives et d'autres beaucoup violentes que ce soit dans les paroles, les situations ou les gestes. On ne va pas rappeler le passage à tabac de Freddy ou encore l'abandon de la mère de Chris.  Je trouve qu'Euphoria amène ses sujets de façon un peu plus subtile et moins brute. Sûrement parce qu'à l'inverse de Skins qui se veut plus réaliste en terme de mise en scène, Euphoria nous plonge d'ores et déjà dans un univers ultra barré et coloré. On prend davantage de recul par rapport à cette réalité. 

Les ados font plus âgés et peut-être qu'il n'y a pas une identification directe avec certaines situations. Je dirais même que ces jeunes ont des histoires plus estudiantines que de lycéens. Mais les propos sont quand même des miroirs dans lesquels la jeune génération peut s'y retrouver. 

Dans Euphoria, tout est intense. L'amitié, l'amour un peu pervers, la drogue et la métaphore de l'addiction mais ce que je retiens, c'est l'acceptation de soi, des autres et de leurs différences. N'oublions pas que la différence est une chance. Le personnage de Jules, incarné par Hunter Schafer, est sublime. Sa différence – à savoir sa transexualité – passe presque inaperçue car les scénaristes ne se sont pas attardés sur sa différence. Les autres protagonistes l'acceptent déjà, tout tourne autour de son évolution dans ce monde un peu fou et de sa future histoire d'amour avec le ténébreux Nate qui est en plein tourment ainsi que de son amitié "++" avec sa meilleure pote, Rue. 


@euphoria


L'amour 2.0, un véritable retour vers les messages enflammés. 

Jules se dit parfois ne pas exister, qu'elle n'est qu'un personnage de fiction inventé par quelqu'un. Quand elle couche avec des mecs aux désirs refoulés et inavoués, elle les comble de bonheur pendant quelques minutes. Mais au final, tout ce qu'elle veut, c'est aimer et d'être aimer en retour. Être une adolescente normale qui veut vivre et connaitre une véritable love story où la société réduit l'amour qu'à un tas de pixels ou à des photos un brin compromettantes. 

Entre dickpics ultra bien documentés par Rue qui se prend pour une professeur d'éducation sexuelle un peu décalée et le revenge porn montré à toutes les sauces, l'amour ne se trouve pas aussi facilement. Il est court-circuité par les films porno trouvés à la pelle sur Internet, les diktats de la sexualité et du pari entre copains et surtout l'impossibilité de dire "je t'aime". 

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Nous sommes dans une société où tout est facile d'accès. Mais la communication est biaisée. Le virtuel nous permet cependant de dialoguer mais en créant un autre profil afin de mettre à nu ses sentiments les plus intimes et les plus profonds. À l'ère du numérique qui déforme notre perception de la vie et de notre amour propre, il est important de voir ce qui compte le plus pour nous : Des matchs Tinder qui a une chance sur cinq de fonctionner ou de prendre la main de cette âme soeur afin d'écrire éventuellement une belle histoire. Briser tous ces pixels qui séparent de plus en plus les humains est sûrement l'un des enjeux de la jeunesse qui au final se remet à écrire de façon plus épistolaire afin de se (re)trouver et de ne pas se noyer dans les mots alcoolisés et enflammés des haters. 


@euphoria


Euphoria porte bien son nom. Nous sommes déjà euphoriques de connaitre le destin de ces personnages hauts en couleurs. Je vous invite à regarder l'analyse des costumes et du make-up sur la chaine de The Golden Grounds. Les maquilleuses Donni Davy et Kirsten Sage Coleman donnent des conseils pour reproduire les excentriques make-up d'Euphoria. Je donne une mention spéciale pour la costumière, Heidi Bivens, qui a fait un boulot monstre surtout pour les costumes d'Halloween et qui a su reproduire à l'identique l'outfit de Iris dans Taxi Driver. Vous avez désormais l'embarras du choix si vous voulez vous faire un costume d'Halloween original ou si simplement vous souhaitez vous maquiller et vous habiller comme ceci dans la vraie vie. 

Parce que chacun est libre de faire comme bon lui semble, sinon on vivrait dans un monde dystopique aux couleurs ternes qui a le goût d'un Malabar déjà trop mastiqué. 

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