Anha

With pretty stories for which there's little good evidence Sea of Tranquility tendrils of gossamer clouds decipherment courage of our questions.

@eikomania.me

Time of my Life : Être toujours pressé.



Because I've had the time of my life.
No, I never felt this way before.


Quand j'observe les gens dans la rue, je les vois courir à toute allure, sans prendre le temps de respirer ou de souffler un peu. Je ne sais pas si c'est mon imagination qui me joue des tours, mais je ne vois que des robots s'agglutiner dans le métro, écouteurs dans les oreilles ou téléphone plaqué contre la joue. Parfois même, je peux écouter tout l'album des Doors, tellement que les paroles résonnent fort. Quand je vois ces gens taper à vitesse grand V, leurs messages, je me dis que là, il n'y a plus de cohésion sociale. Même moi, je me suis prise au jeu. Entre Instagram, les stories des uns et des autres, être notifié par Facebook de l'anniversaire d'un tel et le bruit atroce des rappels programmés sur ton téléphone, je trouve qu'on va exploser. En plus de la charge mentale qu'on nous inflige, on doit "réussir notre vie" pour ne pas être marginalisé et faire bonne figure auprès de nos "amis" lorsqu'on est invité chez eux pour le thé. Nous avons le crâne bourré d'informations et ce n'est pas étonnant que l'on ait du mal à faire le vide dans notre tête. Tu te dis : Mais est-ce que si je clique pour la énième fois le profil Insta de ce gars, il va me griller ? Mince, j'ai cliqué sur "liker". En plus, c'était l'ex de mon copain actuel qui ne l'a pas vraiment oubliée. Ou sinon : Non, je suis en train de me faire dézinguer sur Twitter car j'ai posté un commentaire cynique sur un sujet pseudo-politique.


Donc voilà, je pense qu'il est grand temps de faire une détox' digitale ! Trop d'infos, tue l'info. Non, je n'exagère pas. Vraiment pas. En plus d'être chronophage, ça te rend malheureux. Attends deux secondes : Ne me dis pas que tu n'as jamais envier ces filles et mecs considérés comme influenceurs à succès et qui gagnent leur vie rien qu'en passant leur journée à faire des stories et à tester des produits ? C'est normal. Tout à fait normal. L'humain veut de la facilité et pour ceux qui galèrent, c'est toujours un peu frustrant de se dire qu'on n'a pas la reconnaissance que l'on veut. Mais finalement, je pense que tout cela ne nous rend pas tellement heureux, je veux dire toutes formes de reconnaissance, de richesses, de pouvoir. J'ai toujours eu cette croyance qu'on ne serait pas heureux si l'on ne trouve pas un équilibre et surtout sa moitié avec qui partager le restant de ses jours. On court après le temps et on ne prend pas le temps d'aimer les gens. J'ai remarqué qu'on ne prenait même plus la peine de s'appeler, de s'envoyer un simple texto et lorsque l'on veut prendre un verre, c'est tous les 6 mois, et j'ai l'impression qu'avec certaines personnes, nous n'avons plus rien à nous dire sauf des banalités. Le temps a effacé les souvenirs de nos rencontres. Comme un message ou une photo que tu supprimes de ton portable. Ou alors, un pauvre selfie d'une amitié soit disant incassable est noyé parmi d'autres photos plus récentes. On oublie souvent les personnes qui comptaient pour nous. Du moins, pour la plupart d'entre nous. Mais on ne sait pas ce que l'on gagne. Personnellement, je trouve que l'on perd ces notions de loyauté et de sincérité dans ces relations amicales. Le temps fait le ménage et c'est peut-être mieux ainsi. 


On peut prendre le prochain train pour ne jamais revenir dans la Grande Ville et se diriger vers une destination inconnue. Nouvelle vie, nouveaux personnages et donc nouvelles intrigues. On tourne la page et un chapitre se dessine. On réinitialise nos téléphones, met en pause nos réseaux sociaux. On commence à effacer les numéros de téléphone qui ne nous servent pas à grand chose, à se demander où est-ce que l'on a rencontré ces gens-là et on se met à douter de cette réelle croisée des chemins. C'est bien de faire le tri dans sa vie, de prendre ses valises contenant ses fringues et objets favoris et intemporels et de se concentrer sur le futur. Surtout, pour prendre le temps et d'arrêter de vouloir rajouter des minutes ou des heures, il faut être capable d'accepter qui l'on est, d'être honnête avec soi-même et avec ses projets puis, de tirer un trait sur le passé de manière définitive. J'ai un énorme défaut : je garde, avec nostalgie, tous les souvenirs que j'ai dans une énorme boite en plastique fuchsia transparente et c'est impossible pour moi de m'en séparer. Malgré le temps qui a coulé sous les ponts, je reste persuadée que ces souvenirs sont ma source d'inspiration. Néanmoins, le temps m'a rattrapée et il serait temps de prendre le prochain train direction... (à vous dessiner votre destination).




Photographies par Gabrielle Malewski.
Sous-titres et commande photo par Anha S.L.







Petite note :

Shooting photo réalisé à Paris pour la couverture de mon deuxième livre en cours.
Si cela vous intéresse, vous pouvez jeter un coup d'oeil à mon premier livre sur Amazon.




Commentaires

  1. C'est tellement vrai. J'ai l'impression de toujours courir après le temps, je veux toujours trop en faire, voir tout le monde, participer à tous les événements... Ça me stimule, mais je n'ai pas le temps de faire d'autres activités qui requièrent du calme et que j'adore. Ce confinement m'aura au moins permis d'exprimer ma créativité plus que jamais ! Très bel article au passage !

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  2. Such dreamy photos, babe! Thanks for sharing!

    -Ashley
    Le Stylo Rouge

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  3. I always seem to be on the go (before COVID-19 of course) - seeing family, going to events, meeting up with friends, meals out, drinks at the pub - but I never take the time for myself or do what I need. I've gone through so many friendships because they were one-sided.

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